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Bagayoko laissera le portrait de Macron "décroché"

| AFP | 478 | 1 par 2 internautes
Le maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko dans son bureau de l'hôtel de ville de Saint-Denis, le 1er avril 2026.
Le maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko dans son bureau de l'hôtel de ville de Saint-Denis, le 1er avril 2026. ( GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP/Archives )

Le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a indiqué mercredi à l'AFP que le portrait du président Emmanuel Macron resterait "décroché" dans son bureau, en réponse au préfet de la Seine-Saint-Denis qui lui demandait de respecter "la tradition républicaine".

"L'accrochage du portrait du président de la République dans les mairies, s'il ne relève d'aucune obligation légale, est un usage consacré par la tradition républicaine", a écrit le préfet Julien Charles, dans un courrier adressé mardi au nouveau maire de Saint-Denis-Pierrefitte (150.000 habitants), deuxième commune la plus peuplée d'Ile-de-France après Paris, publié sur X.

"Sa fonction est de rassembler les citoyens autour des institutions, au-delà des clivages politiques", argumente le préfet, pour qui le geste de M. Bagayoko de décrocher ce portrait "contrevient à cet usage bien établi". Il a invité le maire à "reconsidérer sa position" et à "veiller au respect de la tradition républicaine".

"Cette lettre n'a pas lieu d'être, le préfet le confirme lui-même : notre démarche s’inscrit dans une parfaite légalité et nous l’assumons pleinement", a réagi auprès de l'AFP mercredi soir M. Bagayoko.

"Le portrait restera décroché tant que l’État ne remplira pas ses obligations dans le cadre du pacte républicain, notamment envers les habitants de notre territoire", a-t-il renchéri.

Dès le mois d'avril, des journalistes avaient pu constater que le portrait du chef de l'Etat, décroché du mur, était retourné, dans un coin du bureau du nouveau maire LFI.

Dans une interview diffusée lundi sur LCI, M. Bagayoko avait déclaré qu'il laisserait ce portrait retourné "tant que la République n'était pas en capacité de corriger les inégalités". Il disait attendre 2027 et "l'avènement d'une gauche de rupture et d'un nouveau président", le candidat de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

Auprès de l'AFP, M. Bagayoko a ajouté mercredi: "nous sommes interpellés de voir le préfet se mobiliser à deux reprises depuis le début du mandat, d’abord pour bloquer un arrêté anti-expulsion, puis aujourd'hui pour cette prise de position, plutôt que sur les urgences sociales".

La préfecture avait saisi début avril le tribunal administratif de Montreuil pour suspendre l'arrêté pris par M. Bagayoko contre les expulsions dès la fin de la trêve hivernale, ne le considérant "pas conforme à la loi".

Le 14 avril, le juge des référés a suspendu cet arrêté: il a estimé qu'il existe "un doute sérieux" quant à sa légalité, le maire n’étant pas compétent pour s’opposer à l’exécution d’expulsions décidées par le juge judiciaire.

En France, ces dernières années, plusieurs militants écologistes ont été poursuivis en justice pour avoir décroché - et emporté - des portraits de M. Macron, disant vouloir ainsi dénoncer l'"inaction" étatique face à l'urgence climatique. Certains ont été condamnés à des amendes pour "vol" quand d'autres ont été relaxés, notamment au nom de la liberté d'expression.

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