Lyhanna: Darmanin écrit aux magistrats pour rappeler son "attachement" à leur "indépendance", mais aussi leur "responsabilité"
Gérald Darmanin a écrit lundi aux quelque 10.000 magistrats son "attachement viscéral à l'indépendance de la magistrature", tout en rappelant que celle-ci "va de pair avec la responsabilité", une dizaine de jours après la découverte du corps de Lyhanna et des dysfonctionnements mis au jour.
"J'ai choisi de vous écrire en ce moment si important. D'abord pour vous redire, à l'heure où des propositions politiques reviennent profondément sur l'équilibre de nos institutions, mon attachement viscéral à l'indépendance de la magistrature", développe le garde des Sceaux dans cette missive manuscrite de deux pages.
"Ensuite pour rappeler que cette indépendance va de pair avec la responsabilité. Lorsque des fautes professionnelles sont établies, par les rapports d'inspection ou des les enquêtes administratives, personne ne comprendrait qu'elles ne soient pas sanctionnées", poursuit celui qui s'est attiré les foudres de nombre de magistrats pour avoir pointé des dysfonctionnements individuels dès les premières heures de l'affaire, sans attendre les conclusions des différentes enquêtes.
Les rapports des inspections générales de la gendarmerie et de la Justice doivent être remis au gouvernement le 22 juin.
M. Darmanin, qui insiste dans sa lettre sur sa "fonction constitutionnelle" "de rendre des comptes aux Français et au Parlement en votre nom et d'établir des responsabilités, individuelles ou collectives", répète depuis dix jours qu'il estime ne pas porter de responsabilité politique dans le scandale. Il affirme qu'au contraire ses directives de prioriser le traitement des dossiers d'atteintes aux personnes - donc, y compris la pédocriminalité - n'ont pas été pleinement appliquées.
Il doit néanmoins faire face aux appels formels ou incitatifs à sa démission, de l'insoumise Mathilde Panot et l'écologiste Yannick Jadot, au premier secrétaire du PS Olivier Faure, en passant par le Rassemblement national.
Il a par ailleurs accusé une baisse de 5 points dans un sondage Ipsos BVA pour La Tribune Dimanche paru ce week-end, même s'il demeure le ministre le plus populaire du gouvernement (39%), à qui le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a d'ailleurs pris soin de réitérer sa "confiance".
Lundi, lors d'un entretien sur TF1, Emmanuel Macron a par ailleurs assuré que des moyens supplémentaires pour la justice ou les enquêteurs seraient déployés "là ou là", si nécessaire, pour mieux lutter contre les violences sur les enfants, appelant à agir "avec méthode".
Le chef de l'Etat a également rendu hommage "à "nos policiers, nos gendarmes, nos services enquêteurs, nos magistrats (qui) chaque jour se battent aux côtés des associations pour qu'on éradique ces violences et pour qu'on protège nos enfants".
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