Le MoDem, dérouté après la défaite de Bayrou à Pau, veut rester au centre du jeu
Quel avenir pour le MoDem ? Secoué par la défaite de François Bayrou à Pau, le parti va tenter de peser en vue de l'élection présidentielle, en tentant de préserver les intérêts du centre dont il se veut le gardien depuis 2007.
François Bayrou ne siègera pas au conseil municipal de Pau après sa défaite de 344 voix face au socialiste Jérôme Marbot au second tour des municipales dans la ville qu'il administrait depuis 2014. Fonction qu'il avait conservée lors de son passage à Matignon, au prix de nombreuses polémiques.
Une défaite personnelle pour l'ancien Premier ministre, six mois après sa chute à l'Assemblée nationale sur un vote de confiance qu'il avait lui-même convoqué sur la question de la dette.
Un coup d'arrêt supplémentaire pour le triple candidat à la présidentielle (2002, 2007, 2012), allié à Emmanuel Macron depuis 2017 et qui, à bientôt 75 ans, avait d'ores et déjà indiqué au Monde n'avoir "nullement l'intention d'être candidat" en 2027.
Se profile en outre, en septembre, le procès en appel dans l'affaire des assistants parlementaires européens. François Bayrou a été relaxé en première instance mais le MoDem n'avait pas échappé à une condamnation.
Derrière sa figure tutélaire, le parti centriste a vécu une séquence électorale compliquée dimanche: le maire d'Agen Jean Dyonis du Séjour a été battu par la gauche. L'ancienne ministre Geneviève Darrieussecq a échoué à reconquérir la mairie de Mont-de-Marsan. Sans compter Paris où le MoDem, derrière sa secrétaire générale Maud Gatel, avait opté pour l'alliance avec Rachida Dati dès le premier tour.
"L'échec de Pau, ce n'est pas l'échec du MoDem. On a eu de bons succès ailleurs, on continue notre implantation locale", relativise cependant un député centriste.
Auprès de l'AFP, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a notamment mis en avant les élections de Vincent Chauvet à Autun (Saône-et-Loire), Franck Longo à Fontaine (Isère) ou encore Vincent Monnier à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis) et Philippe Vigier dès le premier tour à Châteaudun (Eure-et-Loir).
Mais alors que le MoDem est connu pour ses nombreuses traversées du désert depuis sa fondation, "la nouveauté dans l'épreuve, c'est un Bayrou qui, là, est vraiment abîmé", glisse un dirigeant.
Pour autant, pas de révolution de palais à attendre au sein du parti centriste. "On ne tire pas d'autre leçon que des leçons municipales d'un scrutin municipal. François Bayrou est président du MoDem, circulez, il n'y a rien à voir", a réagi Jean-Noël Barrot.
Même son de cloche du côté du premier vice-président du parti et patron des députés Marc Fesneau, pour qui l'ouverture d'une succession serait "lunaire".
Rassembler la famille centriste ?
Réélu en 2024, François Bayrou est à la tête du parti jusqu'en 2027. "Il a toujours su entretenir, on le voit avec Fesneau et Barrot aujourd'hui, ce qu'il faut de divisions pour ne jamais être contesté", sourit un centriste qui le connaît bien.
Reste que peser dans l'équation en 2027 ne sera pas chose aisée. Le parti réunit mardi son bureau exécutif, puis mercredi son conseil national.
S'il n'est pas candidat lui-même, François Bayrou est déjà "à fond sur la présidentielle" et veut "installer l'idée que le débat ne sera pas uniquement (entre le patron de LR Bruno) Retailleau, (Gabriel) Attal ou Édouard Philippe", explique un proche.
L'heure semble donc au rassemblement des composantes éclatées du centre et notamment avec l'UDI (Union des démocrates et indépendants), parti dirigé par Hervé Marseille, dont le groupe accueille déjà les sénateurs MoDem au palais du Luxembourg.
"Nous y travaillons déjà, ce n'est pas le produit (des résultats électoraux) de dimanche". "Cet espace-là est un espace qui doit se retrouver", explique Marc Fesneau.
Le centre "devra présenter un projet devant les Français. C'est sa responsabilité historique", juge Jean-Noël Barrot, sans exclure un "rassemblement" ultérieur avec la droite.
Mais l'entreprise est délicate: si Édouard Philippe entend rassembler la droite et le centre, "François n'a pas fait tout ce qu'il a fait pour en revenir à l'UMP", l'ancêtre des Républicains (LR), souligne un proche. Et Gabriel Attal nourrit lui aussi des ambitions présidentielles.
"Je vois que Bayrou tend la main aux Renaissance qui ne sont pas convaincus par Attal", ajoute une source à l'Assemblée nationale. De l'art de (tenter de) rester incontournable.
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