UE: l'Italie demande une suspension des règles sur les déficits si la guerre au Moyen-Orient dure
La cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, a demandé jeudi une suspension "généralisée" des règles européennes sur le déficit public si la guerre au Moyen-Orient se prolongeait.
"Si la crise au Moyen-Orient venait à se relancer, nous devrions nous poser sérieusement la question d’une réponse européenne qui, par son approche et ses instruments, ne soit pas différente de celle mise en place pour répondre à la pandémie", a lancé Giorgia Meloni lors d'un discours de politique générale devant le Parlement italien.
"Dans ce cas, nous estimons qu’il ne devrait pas être tabou d’envisager une possible suspension temporaire du Pacte de stabilité et de croissance, non pas une dérogation pour chaque Etat membre pris individuellement, mais une mesure généralisée", a-t-elle poursuivi.
Le gouvernement Meloni a déjà temporairement réduit les taxes sur les carburants face à la hausse des prix de l’énergie consécutive à la guerre entre les Etats-Unis et Israël, et l’Iran.
L’Union européenne peut suspendre ces règles dans des circonstances exceptionnelles et en période de crise, comme elle l’a fait pendant la pandémie de coronavirus.
Cependant, une telle suspension (appelée "clause dérogatoire générale") n'est possible qu'en cas de "crise économique sévère dans l'ensemble de l'Union européenne ou de la zone euro", a rappelé le commissaire européen à l'Economie Valdis Dombrovskis, lors d'une audition jeudi au Parlement européen.
"Mais nous ne sommes pas dans un tel scénario actuellement", a ajouté ce responsable, qui continue de tabler sur un simple "ralentissement de la croissance" européenne, pour le moment chiffré autour d'un demi-point de PIB en 2026.
Par ailleurs, les règles du Pacte de stabilité et de croissance, révisées en 2024, prévoient désormais "des mécanismes intégrés", qui "offrent déjà une certaine marge de manœuvre budgétaire" aux Etats dans de telles situations, a souligné Valdis Dombrovskis devant les eurodéputés.
Plus précisément, les pertes de recettes fiscales et les dépenses accrues liées à la hausse des allocations chômage et des taux d'intérêts dues aux dégradations de la conjoncture sont exclues de l'évaluation des performances budgétaires.
Le ministre italien de l'Economie Giancarlo Giorgetti a réitéré dans l'après-midi la proposition de "suspension" du pacte de stabilité.
Il a par ailleurs indiqué devant le Sénat italien qu'il y avait des "signaux de ralentissement des perspectives de croissance" de l'économie et que le gouvernement allait revoir ses prévisions.
Les experts de la Banque d'Italie ont indiqué que le pays risquait d'entrer en récession en 2027 si la guerre venait à se prolonger.
Récemment, Giorgia Meloni s’est rendue en Arabie saoudite, aux Emirats arabes unis et au Qatar pour tenter de sécuriser les approvisionnements énergétiques de l'Italie, très dépendante, notamment pour le gaz, d’une région qui, a-t-elle indiqué, fournit environ 15% des besoins du pays.
Elle a également annoncé jeudi qu’elle se rendrait prochainement en Azerbaïdjan.
L'Italie a échoué de peu en 2025 à passer sous la barre européenne des 3% de déficit public. Près de 15 ans après la crise de la dette italienne, le gouvernement a redressé les comptes, mais le déficit est resté à 3,1% du produit intérieur brut (PIB).
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