Interdiction des réseaux sociaux aux ados : Macron pense avoir trouvé sa "voie de passage"

| AFP | 109 | Aucun vote sur cette news
Un mois après la censure du Conseil constitutionnel, Emmanuel Macron espère avoir trouvé une
Un mois après la censure du Conseil constitutionnel, Emmanuel Macron espère avoir trouvé une "voie de passage" pour faire adopter, avant son départ au printemps, l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans ( BERTRAND GUAY / AFP/Archives )

Un mois après la censure du Conseil constitutionnel, Emmanuel Macron espère avoir trouvé une "voie de passage" pour faire adopter, avant son départ au printemps, l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, dont une nouvelle version est soumise lundi à Bruxelles.

"Nous irons au bout", a martelé lundi le chef de l'Etat dans un message sur X et Instagram, certaines des plateformes dont il dit vouloir "protéger" les enfants et les jeunes adolescents.

Il rappelle avoir demandé dès mi-août, juste après la censure, au Premier ministre Sébastien Lecornu de "trouver une voie de passage" conforme à la fois aux réserves du Conseil constitutionnel et aux prescriptions du droit européen.

"C'est chose faite", a-t-il estimé : "après un travail technique rigoureux, le gouvernement notifie aujourd'hui de nouvelles écritures à la Commission" européenne.

Le président de la République Emmanuel Macron le 9 septembre 2026 à Paris
Le président de la République Emmanuel Macron le 9 septembre 2026 à Paris ( Ludovic MARIN / AFP )

Le président de la République, qui en a fait un cheval de bataille majeur de la fin de son second mandat, espère qu'une interdiction sera opérationnelle en France lorsqu'il quittera l'Elysée en mai.

Il doit donc avancer à marche forcée, dans un calendrier gouvernemental et parlementaire qui sera phagocyté par les débats budgétaires. Cette notification est une étape cruciale pour s'assurer que le futur texte sera conforme au droit européen et pouvoir donc passer à la phase législative.

"Dérogations"

Dans une lettre à la présidente de la Commission Ursula von der Leyen fin août, Emmanuel Macron avait d'ailleurs demandé de "pouvoir compter" sur la "mobilisation" de ses services dans "un temps restreint" après transmission du texte. Paris demande en clair que l'analyse européenne pour valider sa nouvelle mouture ne parte pas de zéro, comme s'il s'agissait d'une feuille blanche, mais soit plutôt une actualisation de l'expertise déjà entreprise sur la version initiale.

Tout en reconnaissant "l'exigence" de "protection de l'intérêt supérieur de l'enfant", le Conseil constitutionnel a considéré que le texte adopté par le Parlement français portait "une atteinte disproportionnée" à la liberté d'expression et de communication des adolescents. Il a jugé la loi trop "générale", sans possibilité pour les parents "d'autoriser l'accès" dans certains cas.

Selon une source au sein de l'exécutif confirmant une information du Figaro, pour passer entre les écueils constitutionnel et européen, le gouvernement propose de lister une dizaine de "fonctionnalités" nocives et/ou "addictives" pour les plus jeunes, comme le déclenchement automatique des vidéos, les flux de notifications la nuit ou la communication avec des comptes inconnus.

Cela permettrait de mieux cibler les réseaux sociaux concernés par l'interdiction, sans cependant les nommer, ce qui ne serait pas autorisé par les règles européennes, espère-t-on de même source.

Le texte prévoit aussi des dérogations pour les adolescents entre 13 et 15 ans, sur décision de leurs représentants légaux, a ajouté la source.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen à Paris, le 10 septembre 2026
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen à Paris, le 10 septembre 2026 ( Aurelien Morissard / POOL/AFP )

L'association e-Enfance, qui gère la ligne 3018, numéro national dédié aux victimes de violences numériques, a estimé que "raisonner à partir des fonctionnalités présentant des risques pour les mineurs plutôt qu'à partir d'une interdiction générale ou d'une liste de plateformes" était "la bonne approche".

"Protéger les moins de 15 ans dans l'espace numérique, ce n'est pas renoncer à leurs libertés. C'est fixer des règles adaptées à leur âge et demander aux plateformes de prévenir les risques dès la conception de leurs services", a aussi dit à l'AFP la haute-commissaire à l'Enfance, Sarah El-Haïry, pour justifier la nouvelle version.

Fin août, dans sa lettre à Ursula von der Leyen, Emmanuel Macron avait également prôné un "texte européen" généralisant l'interdiction pour les moins de 15 ans à toute l'Union européenne.

La présidente de l'exécutif européen va formuler ses propositions mercredi dans son discours de rentrée devant le Parlement de l'UE.

Une source européenne a indiqué à l'AFP qu'elle envisageait de proposer une interdiction pour les moins de 15 ans, qui pourrait être levée pour les 13-15 ans sur décision parentale. Si c'est le cas, son initiative semble se rapprocher de la nouvelle version française.

"Nous n'avons pas à accepter les fonctionnalités addictives des réseaux sociaux", et que "les enfants soient poussés vers des contenus toujours plus extrêmes", a-t-elle affirmé la semaine dernière.

 ■

Copyright © 2026 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
SUR LE MÊME SUJET
Publié le 14/09/2026

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, doit dévoiler de nouvelles mesures pour mieux protéger les mineurs en ligne ( David GRAY / AFP/Archives )Fonctionnalités…

Publié le 12/09/2026

Une jeune fille se tient au milieu des décombres après un incendie qui a ravagé une école à Bukavu, le 11 septembre 2026 en RDC ( Jospin Mwisha / AFP )Au moins 26 enfants ont été tués dans…

Publié le 10/09/2026

Emmanuel Grégoire et Anne Hidalgo à Paris le 26 mars 2026 ( Ludovic MARIN / AFP/Archives )La justice se penche sur le rôle des élus parisiens éclaboussés par le scandale du périscolaire :…

Publié le 10/09/2026

Les chocs climatiques extrêmes ont exposé les filles à "un risque accru de décrochage scolaire" en 2025, a indiqué l'Unicef, déplorant qu'elles "assument des responsabilités…

Publié le 09/09/2026

Au coeur de la méthode commerciale des réseaux sociaux, les algorithmes chargés de personnaliser les contenus proposés aux utilisateurs et les inciter à passer plus de temps en ligne sont la…

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 14/09/2026

Le CAC40 cash a clôturé la séance en hausse de 0,78% à 8179,77 points dans un volume de 2,961 MD€ et sur la semaine en baisse de 1,19%.

Publié le 14/09/2026

Votre rendez-vous quotidien avec les petites et moyennes capitalisations ! Chaque jour, retrouvez l'analyse d'Eric Lewin sur les valeurs Small & Mid Caps du moment qui font l'actualité.

Publié le 14/09/2026

(Zonebourse.com) - Hormis Londres ( 0,53%), les marchés européens reculent alors que le climat reste toujours aussi délétère au Moyen-Orient. Mercredi soir à 20h, la décision de politique…

Publié le 14/09/2026

(Zonebourse.com) - Le spécialiste des technologies médicales va lancer une offre d'échange visant à scinder au moins 80,1% des actions de sa filiale MiniMed Group.L'ancienne division diabète du…