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Mali: calme précaire à Bamako et à Kati, incertitudes sur la situation de la junte

| AFP | 104 | Aucun vote sur cette news
Des rebelles touareg du Front de libération de l'Azawad (FLA) sont rassemblés sur un rond-point à Kidal, dans le nord du Mali, le 26 avril 2026
Des rebelles touareg du Front de libération de l'Azawad (FLA) sont rassemblés sur un rond-point à Kidal, dans le nord du Mali, le 26 avril 2026 ( abdollah Ag Mohamed / AFP )

Un calme précaire règne lundi à Bamako et Kati, fief de la junte malienne, après deux jours de combats acharnés entre l'armée et des jihadistes alliés à des séparatistes touareg, qui ont plongé le pays dans l'incertitude sur le devenir de la junte.

Le pouvoir malien se trouve dans une situation sans précédent depuis le coup d’État de 2020: le ministre de la Défense Sadio Camara a été tué et le général Assimi Goïta, chef de la junte, n’a pas été vu et n'a pas pris la parole depuis le début des hostilités.

Le Mali est donc plongé dans une grave situation sécuritaire après cette série d'attaques coordonnées sans précédent, menées samedi à travers le pays contre des positions stratégiques de la junte par des jihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM, allié à Al-Qaïda) et la rébellion indépendantiste touareg du Front de libération de l'Azawad (FLA).

Le vaste pays sahélien est en proie depuis 2012 aux conflits et aux violences jihadistes.

Autre coup d'ampleur porté à la junte, les rebelles du FLA, groupe séparatiste réclamant le territoire de l'Azawad dans le nord du Mali, revendiquent le contrôle "total" de la ville-clef de Kidal (nord).

Le ministre malien de la Défense, Sadio Camara, le 15 février 2024 lors d'une réunion des ministres de l'Alliance des Etats du Sahel (AES), à Ouagadougou (Burkina Faso)
Le ministre malien de la Défense, Sadio Camara, le 15 février 2024 lors d'une réunion des ministres de l'Alliance des Etats du Sahel (AES), à Ouagadougou (Burkina Faso) ( FANNY NOARO-KABRÉ / AFP/Archives )

Le FLA a aussi annoncé être parvenu à un "accord" permettant aux mercenaires russes de l'Africa Corps (organisation paramilitaire russe contrôlée par Moscou) de se retirer de Kidal.

Kidal a été sous le contrôle de groupes rebelles pendant plusieurs décennies avant de revenir dans le giron de l’État en novembre 2023, à la faveur d'une offensive de l'armée malienne appuyée par des combattants du groupe paramilitaire russe Wagner, devenu Africa Corps depuis.

Selon un élu local, les Russes devraient quitter le pays en passant par la Libye.

Militaires lourdement armés

Après deux jours de combats intenses entre l'armée et les groupes armés, le calme est revenu lundi matin à Kati, ville-garnison située à une quinzaine de kilomètres de Bamako, la capitale malienne, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Des rebelles touareg du Front de libération de l'Azawad (FLA) circulent à l'arrière de pick-ups à Kidal, dans le nord du Mali, le 26 avril 2026
Des rebelles touareg du Front de libération de l'Azawad (FLA) circulent à l'arrière de pick-ups à Kidal, dans le nord du Mali, le 26 avril 2026 ( abdollah Ag Mohamed / AFP )

Un calme précaire règne aussi à Bamako même. Les marchés, les écoles et les bureaux sont ouverts, tandis que la population semble vaquer à ses occupations comme en temps normal.

Les barrages qui avaient érigés par l'armée sur les principales voies d'accès aux camps militaires de Bamako et Kati, mais aussi sur celles menant à l'aéroport, ont été levés, a constaté l'AFP. Mais des militaires en tenue de combat et lourdement armés sont encore visibles dans la capitale.

Aucun tir n'a été entendu lundi à Kati, où les affrontements faisaient encore rage la veille. Des débris de voitures calcinées et des impacts de balles y sont toutefois visibles, témoignant de la violence des combats, a constaté l'AFP.

Le calme règne également dans la zone aéroportuaire, dans le quartier périphérique de Sénou. Seuls quelques avions militaires effectuent des rotations à intervalles réguliers.

"Ratissages"

"Nous avons procédé à des ratissages toute la nuit, qui nous ont permis d’alléger les check-points. Maintenant nous comptons sur les populations pour nous signaler des personnes suspectes dans les quartiers", a déclaré à l'AFP un officier à Sénou.

C'est dans ce quartier que le ministre de la Défense Sadio Camara, 47 ans, un des principaux responsables de la junte, a été tué samedi lors des attaques "terroristes" par "un véhicule piégé conduit par un kamikaze" ayant ciblé sa résidence de Kati, a indiqué le gouvernement dans un communiqué dimanche soir.

L’annonce officielle de la mort de M. Camara, natif de la ville, a plongé Kati dans le deuil.

"C’est comme s’ils attaquaient la ville une seconde fois. Le choc est immense", a confié à l'AFP un habitant de la localité joint par téléphone.

Cette situation au Mali depuis samedi – attaques coordonnées d'ampleur et présence des groupes armés dans plusieurs villes, décès du ministre de la Défense - est sans précédent depuis près de 15 ans et les évènements de mars 2012.

Une colonne de fumée noire s'élève au-dessus des bâtiments à Bamako, au Mali, le 26 avril 2026
Une colonne de fumée noire s'élève au-dessus des bâtiments à Bamako, au Mali, le 26 avril 2026 ( - / AFP )

A l'époque, des rebelles indépendantistes touareg, vite évincés par leurs alliés islamistes associés à Al-Qaïda au Maghreb islamique, avaient pris le contrôle des villes de Kidal, Gao puis Tombouctou, dans le nord.

Le seul bilan annoncé par le gouvernement date de samedi soir, lorsque les autorités avaient annoncé 16 blessés civils et militaires et des "dégâts matériels limités". Au vu de la violence des combats, le bilan réel pourrait être nettement plus lourd, notamment parmi les civils.

Alors que les observateurs s'interrogent de plus en plus sur la capacité militaire et politique de la junte à endiguer la menace jihadiste, plusieurs médias locaux affichaient lundi matin leur soutien aux militaires.

Le Mali est confronté depuis 2012 à une profonde crise sécuritaire, nourrie notamment par les violences de groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l'organisation État islamique (EI), ainsi que de groupes criminels communautaires et des indépendantistes.

En septembre 2024, le JNIM avait revendiqué une double attaque d'une rare ampleur contre l'aéroport militaire de Bamako, la capitale, et contre l'école de gendarmerie, qui avait fait plus de 70 morts et 200 blessés, selon des sources sécuritaires.

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