A Madrid, le pape appelle à mettre fin "aux discours qui divisent" la société
Le pape Léon XIV a appelé samedi à mettre fin aux "discours qui divisent et polarisent" la société et aux "simplifications stériles" au début d'une visite de sept jours en Espagne centrée notamment sur le sujet très clivant de l'immigration et de l'accueil des migrants.
Le Premier ministre Pedro Sánchez s'est fait le champion en Europe de l'opposition à la guerre en Iran, générant des tensions avec le président américain Donald Trump, ou aux opérations menées par Israël à Gaza.
Le pontife, né aux États-Unis, a lui-même été violemment critiqué par Donald Trump pour ses positions antiguerre.
La visite d'État pontificale de sept jours doit également mettre l'accent sur la justice sociale et comprendra, lundi, un discours inédit devant le Parlement espagnol, ainsi qu'une visite aux îles Canaries, où il rencontrera des migrants et les organisations qui leur viennent en aide.
S'adressant aux journalistes dans l'avion avant d'atterrir dans la capitale espagnole, Léon a par ailleurs reconnu que les abus sexuels au sein de l'Église catholique restaient "une blessure ouverte", avant une rencontre prévue lors de son séjour en Espagne avec des victimes.
Plus de 200.000 mineurs pourraient avoir subi des agressions sexuelles de la part de religieux catholiques en Espagne depuis 1940, selon un rapport du Défenseur du peuple de 2023.
Le gouvernement de Pedro Sánchez et l'Eglise espagnole ont signé fin mars un accord pour indemniser les victimes d'agressions sexuelles commises par des religieux, après des années de réticences et d'opacité de la hiérarchie ecclésiastique.
"Opportunité historique"
En fin d’après-midi samedi, Léon XIV a rencontré des personnes exclues dans un centre pour sans-abri de Caritas, où il a dénoncé le fait que "l’exercice de la charité soit méprisé ou tourné en dérision" aujourdhui.
Le souverain pontife, âgé de 70 ans, a ensuite présidé une veillée dans la soirée au pied du stade Santiago Bernabéu du Real Madrid, où 500.000 personnes, en majorité des jeunes, lui ont réservé un accueil digne d’une rock star.
"Je suis venue avec mes amies (...) J’ai beaucoup insisté pour venir", a confié à l’AFP Catarina Escobar, une Madrilène de 12 ans qui va à la messe toutes les semaines. Pour Pablo Fernández, un professeur de 28 ans, pouvoir voir le pape était "une opportunité historique" -- la dernière visite d’un pape remontait à 2011, quand Benoît XVI était venu aux Journées mondiales de la jeunesse à Madrid.
"Face au vide de l’indifférence et du conformisme, face à la violence de la guerre et du mensonge, soyez vous-mêmes l’étincelle d’une humanité nouvelle", a lancé le pape aux jeunes.
"S’ils se retrouvent face à la question de savoir s’ils veulent voir Bad Bunny ou s’ils veulent voir le pape, je pense que beaucoup iront voir Bad Bunny. Mais je pense aussi qu’il y en aura quelques-uns qui viendront voir le pape. Et cela veut dire quelque chose", avait déclaré plus tôt le pape, en référence à la superstar portoricaine, qui se produit ces jours-ci à Madrid.
Bien que la pratique religieuse ait considérablement diminué dans ce bastion historique du catholicisme en Europe, le pontife a plusieurs événements de masse prévus à son agenda en Espagne.
Exception en Europe
Dimanche, il devrait rassembler un million de fidèles lors d’une messe en plein cœur de Madrid, sur la place de Cibeles.
Léon XIV achévera sa visite dans l'archipel des Canaries, au large des côtes africaines, principale porte d'entrée des migrants en Espagne, où ils arrivent souvent au terme d'un voyage périlleux.
Le pape, très sensible à ce sujet comme son prédécesseur François, y rencontrera jeudi et vendredi des migrants, ainsi que les organisations qui leur viennent en aide, alors que des milliers d'entre eux sont morts en tentant de rejoindre l'Europe.
Faisant figure d'exception en Europe, Pedro Sánchez a récemment lancé un vaste plan de régularisation de sans-papiers, qui devrait aboutir à la régularisation d'un demi-million de personnes et lui vaut les virulentes critiques du Parti populaire (droite) et de Vox, le parti d'extrême droite devenu la troisième force politique du pays.
■
Copyright © 2026 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote